Le "Global Gag Rule" de Bush compromet la santé des femmes, la liberté d’expression et la démocratie
Le "Global Gag Rule": Quelles sont les activités liées à l’avortement qui sont encore autorisées?
Les effets du "Global Gag Rule" pour les pays concernés par cette mesure
Le "Global Gag Rule" pourrait bloquer la réforme des lois sur l’avortement à travers le monde
L’impact du "Global Gag Rule": Apercu par pays
Le « Global Gag Rule » : la politique du gouvernement américain nuit aux efforts du Centre pour les droits reproductifs de plaider en faveur des femmes à l’étranger
Aux Etats-Unis et à l'Etranger: Appui des Etats-Unis à la Sante de la Reproduction
Contraception D'Urgence: Une Composante Importante des Droits des Femmes
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Lois relatives à l'Avortement à Travers le Monde
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Le « Global Gag Rule » :

la politique du gouvernement américain nuit aux efforts du Centre pour les droits reproductifs de plaider en faveur des femmes à l’étranger

Le Centre pour les droits reproductifs et ses partenaires s’efforcent de réformer les lois restrictives sur l’avortement

Le Centre collabore avec des avocats, médecins, professeurs et autres professionnels dans de nombreux pays afin d’éduquer les responsables politiques sur les conséquences mortelles de la criminalisation de l’avortement et de les encourager à réformer les lois restrictives sur l’avortement.

Chaque année, 78.000 femmes meurent des suites d’avortements dangereux, statistique qui pourrait être reduite par la prestation d’information et de services sanitaires appropriés et par la réforme des lois. Le travail du Centre et de ses partenaires visant la réforme des lois anti-avortement est gravement atteint par les restrictions du gouvernement américain appelée le « Global Gag Rule ». Cette politique interdit aux organisations internationales bénéficiaires de l’aide américaine en matière de planification familiale d’utiliser leurs propres ressources, non fournies par les États-Unis, en vue de fournir des services d’avortement légal, y compris conseils et recommandations, ou d’exercer des pressions sur leurs propres gouvernements pour obtenir la réforme afin de maintenir le statut légal de l’avortement ou de le décriminaliser. Le « Global Gag Rule » nuit largement aux efforts du Centre et de nos partenaires visant à obtenir la réforme du droit.

Au Bénin, en Afrique occidentale, le Centre a collaboré avec des ONG locales qui souhaitent libéraliser une loi française de 1920 (adoptée par le pays à l'époque coloniale, mais révoquée en France depuis longtemps) qui criminalise « l'incitation à l'avortement » et la diffusion de « propagande sur la contraception ». Notre effort en vue d'une réforme sera vraisemblablement affaibli car il est interdit aux dispensateurs et chercheurs qui reçoivent un financement américain de participer aux campagnes visant à amender ces lois extrêmes. Les femmes du Bénin paient de leur santé et de leur vie le manque d'accès à l'avortement sûr et légal.

En Bolivie, les ONG locales signalent que le Ministère de la santé a fait savoir qu'il n'appuiera plus les soins médicaux assurant la survie des femmes souffrant de complications d'avortements illégaux et dangereux, résultat direct du « Global Gag Rule ».

Même l'accès aux méthodes contraceptives et aux autres services de santé reproductive est touché dans ce climat de crainte et d'intolérance suscité par le « Global Gag Rule », compromettant à la fois nos efforts et ceux de nos partenaires étrangers.

Le « Global Gag Rule » mine les efforts du Centre pour les droits reproductifs pour la réforme à l’étranger

Le « Global Gag Rule » paralyse la capacité du Centre pour les droits reproductifs à promouvoir la réforme du droit sur l’avortement à l’étranger en restreignant la mise sur pied de coalitions.

En interdisant aux organisations non gouvernementales (ONG) étrangères de s’occuper de questions ayant un rapport à l’avortement, le gouvernement américain nuit à la capacité du Centre pour les droits reproductifs de collaborer avec les organisations de droits des femmes à l’étranger pour réformer les lois et politiques néfastes sur l’avortement.

Le « Global Gag Rule » crée un climat « refroidissant » autour des questions d’avortement. Du fait qu’il désigne spécifiquement et pénalise tous ceux qui oeuvrent dans le domaine de l’avortement, le « Global Gag Rule » aggrave les stigmates culturels associés à l’avortement. Les dispensateurs et autres intervenants des soins de santé, même ceux qui ne sont pas bâillonnés, pourront hésiter davantage à s’exprimer ouvertement contre les effets néfastes de l’avortement illégal ou dangereux. Même si les soins post-avortement ne sont pas interdits par le « Global Gag Rule », les prestataires qui reçoivent l’appui financier américain craignent tellement de le perdre qu’ils évitent à tout prix tout ce qui touche à l’avortement.

L'automne dernier, le CRLP a invité la directrice générale d'une organisation péruvienne pour les droits des femmes, financée par les États-Unis, à venir à Washington pour s'entretenir avec les médias et des responsables politiques américains sur les incidences négatives du « Global Gag Rule » dans son pays. Elle a cependant voulu limiter ses propos à l'empiètement de la liberté d'expression et d'association, refusant d'aborder la question d'avortement et de son incidence sur les Péruviennes. Elle a plus tard admis qu'elle craignait que parler publiquement d'avortement – même lorsque des responsables politiques américains l'ont questionnée précisément sur l'avortement dans son pays – compromettrait le financement américain si important pour la survie des efforts de son organisation à offrir aux femmes les plus démunies l'accès à la planification familiale et aux renseignements et services de santé de la reproduction.

Le « Global Gag Rule » pourra décourager d’autres organisations de collaborer avec le Centre pour les droits reproductifs.

Cet incentive négatif s’étend même à des questions encore plus vastes que l’avortement. Les ONG étrangères qui reçoivent ou voudraient demander du financement américain pourraient hésiter à s’associer à une organisation qui traite de questions concernant l’avortement, même si nos projets communs n’ont aucun rapport avec l’avortement ou n’y touchent qu’accessoirement.

Lors d’une récente conférence en Amérique latine qui portait plus généralement sur les droits en matière de santé de la reproduction, notre co-organisateur local, bénéficiaire de financement américain, a refusé de permettre au CRLP d’afficher des publications sur l’avortement. On a dit aux avocats du Centre pour les droits reproductifs que le « Global Gag Rule » expliquait en partie ce refus.

Le « Global Gag Rule » mine la capacité du CRLP à promouvoir les droits en matière de santé de la reproduction

Le « Global Gag Rule » empêche le Centre pour les droits reproductifs d’entreprendre une analyse juridique complète des lois et politiques fédérales. Parce que le « Global Gag Rule » affaiblit notre capacité à communiquer avec les organisations étrangeres sur l’avortement, il nuit à nos efforts d’évaluer les effets du « Global Gag Rule » et d’autres lois américaines sur la santé des femmes. Par conséquent, notre capacité d’informer et d’éduquer le gouvernement américain, y compris le Congrès, le président et les organismes exécutifs, est affaiblie.

Le « Global Gag Rule » nuit aux efforts du CRLP aux Nations Unies

Les partenaires et membres de coalitions peuvent craindre de s’exprimer ouvertement sur l’avortement lors des conférences des Nations Unies (ONU). Le travail du Centre pour les droits reproductifs consiste en partie à s’appuyer sur les gains préalables pour les droits en matière de santé de la reproduction aux conférences de l’ONU en coalition avec d’autres organisations. Cependant, plusieurs organisations peuvent croire qu’il leur est interdit d’éduquer leurs propres gouvernements, de présenter leurs points de vue sur l’impact de l’avortement sur les femmes de leurs pays, ou de travailler en coalition avec le CRLP parce que ces activités pourraient enfreindre le « Global Gag Rule ».

Des ONG boliviennes signalement aussi que leur gouvernement a suspendu ses efforts destinés à permettre la distribution de méthodes de contraception d'urgence (qui ne provoquent pas l'avortement mais qui empêchent la conception) à cause du « Global Gag Rule ». Il en résultera un nombre accru de grossesses non désirées et de femmes désespérées qui se tourneront vers l'avortement illégal et dangereux.

Le « Global Gag Rule » compromet la démocratie et la santé des femmes

Le « Global Gag Rule » du président George W. Bush rend le gouvernement américain complice dans la mort de milliers de femmes, les blessures subies par des millions d’entre elles et l’emprisonnement de bien d’autres partout dans le monde. Le « Global Gag Rule » empiète aussi sur les droits des Américains en empêchant les intervenants basés aux États-Unis, notamment les avocats du Centre pour les droits reproductifs , d’exercer leurs droits de liberté d’expression et d’association et le droit de pratiquer le droit. Le « Global Gag Rule » – rétabli par le président Bush en guise de « remboursement politique » aux opposants idéologiques à l’avortement – mine la démocratie à l’étranger et aux États-Unis et nuit aux efforts visant à assurer la santé et le bien-être des femmes, des enfants, des familles et de la communauté.