Le "Global Gag Rule" de Bush compromet la santé des femmes, la liberté d’expression et la démocratie
Le "Global Gag Rule": Quelles sont les activités liées à l’avortement qui sont encore autorisées?
Les effets du "Global Gag Rule" pour les pays concernés par cette mesure
Le "Global Gag Rule" pourrait bloquer la réforme des lois sur l’avortement à travers le monde
L’impact du "Global Gag Rule": Apercu par pays
Le « Global Gag Rule » : la politique du gouvernement américain nuit aux efforts du Centre pour les droits reproductifs de plaider en faveur des femmes à l’étranger
Aux Etats-Unis et à l'Etranger: Appui des Etats-Unis à la Sante de la Reproduction
Contraception D'Urgence: Une Composante Importante des Droits des Femmes
Garantir les Droits de la Reproduction des Adolescents
Lois relatives à l'Avortement à Travers le Monde
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Le "Global Gag Rule" pourrait bloquer la réforme des lois sur l’avortement à travers le monde

La restriction imposée par le "Global Gag Rule" au lobbying et au plaidoyer pourrait avoir un impact négatif significatif sur les mouvements de réforme de la loi sur l’avortement dans un certain nombre de pays qui reçoivent une assistance de l’USAID. Les mouvements visant à assouplir les lois restrictives sur l’avortement peuvent être freinés par le "Global Gag Rule", car les prestataires de soins de santé, les défenseurs de la réforme et leurs partenaires potentiels gardent le silence sur l’avortement afin de préserver le financement des services nécessaires en matière de santé de la reproduction. En outre, en liant les mains des partisans du droit à l’avortement, le "Global Gag Rule" pourrait stimuler les mouvements ultra-conservateurs opposés à l’avortement, qui œuvrent à restreindre les lois plus libérales sur l’avortement, déjà en vigueur dans certains pays.

Voici ci-dessous certains pays bénéficiaires de l’assistance de l’USAID oú l’avortement a récemment fait l’objet ou peut faire l’objet de mesures législatives. Dans de nombreux cas, les partisans de la réforme sont membres de la communauté médicale – le secteur qui sera sans doute le plus affecté par le "Global Gag Rule". Dans chacun de ces pays, les Etats-Unis, à travers le "Global Gag Rule", restreignent la participation des citoyens aux discussions publiques sur la politique de leur gouvernements en matière d’avortement. Cette interdiction à la participation des ONG étrangères au processus démocratique dans leur propres pays, est contraire aux efforts des Etats-Unis visant à promouvoir la démocratie et la liberté d’expression à travers le monde.

Ethiopie: L’Ethiopie est actuellement en train d’étudier un nouveau projet de code pénal qui étendrait les motifs d’avortement légal pour y inclure le viol et l’inceste. Le code actuel permet l’avortement uniquement pour protéger la vie et la santé de la femme. L’Association des femmes juristes éthiopiennes a joué un rôle actif dans ce mouvement de réforme en organisant une coalition et en publiant des déclarations en faveur de la libéralisation des lois sur l’avortement.1

Indonésie: Le gouvernement indonésien a constitué une équipe regroupant des membres du Ministère de la santé et du Ministère des affaires religieuses pour élaborer une proposition de réforme des lois restrictives indonésiennes sur l’avortement. Le Ministère de la santé est disposé à permettre l’avortement en cas de viol, d’inceste et d’échec de contraception.2 Ceci libéraliserait considérablement la loi actuelle, qui n’autorise l’avortement que dans le cas oú la vie de la femme est en danger.3

Kenya: En septembre 1999, le Ministère de la santé a fait une déclaration appuyant la libéralisation de la loi sur l’avortement, qui n’autorise l’avortement qu’au cas oú la vie de la femme est menacée. La Section kenyane de la Fédération internationale des femmes juristes (FIDA-Kenya) a réagi rapidement par une activité de plaidoyer en appui de cette recommandation.4 Plus récemment, les membres de la communauté médicale ont pris l’initiative de plaider en faveur d’un assouplissement de la loi restrictive du Kenya.5

Moldavie: Comme d’autres anciennes républiques soviétiques, la Moldavie est en train de débattre d’un projet de loi visant à remplacer la loi libérale sur l’avortement en vigueur sous le régime soviétique. S’il semble y avoir un appui fort en faveur de la nouvelle législation, qui ressemble fortement à la législation actuelle, il y a un lobby conservateur virulent qui exhorte à l’imposition de restrictions à l’accès à l’avortement.6

Népal: Des propositions en vue de la libéralisation de la loi fortement restrictive relative à l’avortement, au Népal – législation au titre de laquelle les femmes continuent de risquer des poursuites et de peines de prison – sont portées devant le parlement depuis plus de quatre ans. Des efforts visant à assouplir l’interdiction de l’avortement ont l’appui du Ministère de la santé, du Ministère de la justice et du Ministère de la femme, de l’enfant et de l’action sociale. L’Association de la planification familiale et un certain nombre d’autres ONG féminines locales soutiennent également la réforme proposée de la loi sur l’avortement.7

Nicaragua: Au cours de l’été, le Parlement du Nicaragua a étudié une législation qui éliminerait toutes les exceptions thérapeutiques à la loi sur l’avortement, notamment l’exception de la sauvegarde de la vie de la femme (une mesure similaire à celle adoptée au Salvador en 1997). Des associations féminines se sont organisées pour défendre la loi actuelle sur l’avortement.8

Philippines: En octobre 1999, un groupe de législateurs avait proposé une loi visant à rendre l’avortement légal aux Philippines, dans certaines circonstances.9 Alors que des associations de femmes philippines, des organisations de santé et des groupes de droits humains soutiennent la réforme de l’avortement en vigueur dans leur pays10 le projet de loi de 1999 s’est heurté à une opposition virulente de l’Eglise catholique et a été rejeté par les législateurs.11

Russie: Deux projets de loi, le Projet de loi sur la bioéthique et le Projet de loi sur les droits de la reproduction ont été soumis, l’année derniere, à la Douma russe. Le projet de loi sur la bioéthique restreindrait l’accès à l’avortement durant le second et le troisième trimestres,12 alors que le projet de loi sur les droits de la reproduction affecterait peu l’accès à l’avortement.13 La Douma a différé l’examen du Projet de loi sur la bioéthique; le Projet de loi sur les droits de la reproduction est toutefois toujours en cours de discussion.

Ouganda: Lors d’une conférence en Ouganda, en mai dernier, des prestataires de soins de santé ont débattu s’il fallait libéraliser la loi restrictive sur l’avortement en vigueur dans leur pays. Si la majorité a fait part de son opposition, un certain nombre de médecins se sont exprimés en faveur de la libéralisation.14

Zimbabwe: En réaction du nombre élevé de décès maternels imputables aux avortements pratiqués dans de mauvaises conditions au Zimbabwe, des femmes activistes et des spécialistes de santé sont en train d’appeler en réexamen la loi restrictive sur l’avortement en vigueur dans leur pays. Alors que ces efforts ont suscité peu d’appui de la part des responsables étatiques, le Ministère de la santé et de la protection de l’enfance est en train de mettre en œuvre des programmes visant à fournir des soins post-avortement dans tous les centres de santé.15

Notes de fin de document

1 Voir Seble Bekele, Ethiopia; Legalize Abortion In Ethiopia?, Daily Monitor, 30 oct. 2000, disponible au : http://allafrica.com/stories/200010300334.html (dernière visite, 12 avr. 2001).

2 Voir Richel Dursin, Population-Indonesia: Government Seeks To Ease Abortion Ban, Inter Press Service, 7 sept. 2000, disponible au http://www.ips.org/index.htm (dernière visite le 12 avr. 2001).

3 La loi Health Law Number 23 de 1992 prévoit que ´ en cas d’urgence, et en vue de sauver la vie de la femme enceinte ou de son fœtus, il est permis d’accomplir certaines procédures médicales (traduction non officielle). Voir Terence H. Hull et al., Induced Abortion in Indonesia, 24 Studies in Family Planning 241, 244-45 (1993).

4 Voir Legalise Abortion, Nation, 5 sept.1999, disponible au http://allafrica.com/stories/199909050049.html (dernière visite le 12 avr. 2001).

5 Voir Dr. J. Osur, Abortion Illegal Only For Poor, Nation, 3 août 2000, disponible au http://allafrica.com/stories/200008030410.html (dernière visite le 12 avr. 2001).

6 Voir Orthodox Church Threatens Lawmakers With Excommunication If They Legalize Abortion, AP Worldstream, 17 nov. 2000, LEXIS-NEXIS, News Library, AP Worldstream File (archivé au CRLP).

7 Voir Binaj Gurubacharya & Smriti Dhungel, Abortion Likely to be ‘Legalized’, Kathmandu Post, 11fév. 2001, disponible au http://www.nepalnews.com.np/ contents/englishdaily/ktmpost/2001/feb/feb12/index.htm (dernière visite le 12 avr. 2001) (archivé au CRLP).

8 Voir Ralf Leonhard, Nicaragua Government Seeks To Ban All Abortions, WomensENews (28 juillet 2000), disponible au http://www.womensenews.com/ article.cfm?aid=214&mode=today (dernière visite le 12 avr. 2001).

9 Voir Philippine Lawmakers Defy Church on "Anti-Family" Legislation, Deutsche Presse-Agentur, 6 oct. 1999, LEXIS-NEXIS, News Library, Deutsche Presse-Argentur file (archivé au CRLP).

10 Voir Likhaan, International Dialogue on Safe Abortion (Conference Report) 58 (2000).

11 Deutsche Presse-Argentur, note 9 ci-dessus.

12 Voir Center for Reproductive Law and Policy, Table Ronde sur les droits de la reproduction et la bioéthique, app. B (2000) (archivé au CRLP).

13 Id., à app. C.

14 Voir Doctors Divided Over Legalizing Abortion, New Vision, 29 mai 2000, disponible au http://allafrica.com/stories/200005290064.html (dernière visite le 12 avr. 2001).

15 Voir Paul Nyakazeya, Women Call for Abortion Review, Zimbabwe Standard, 9 jan. 2000, disponible au http://allafrica.com/stories/200001090050.html (dernière visite le 12 avr. 2001).