Toutefois, les jeunes filles, dans de nombreux contextes culturels et sociaux, sont confrontées à des questions dans le domaine de la sexualité et de la santé de la reproduction dès l’âge de 10 ans. Elles peuvent être contraintes au mariage précoce, devenir victimes de viol ou d’inceste ou subir des mutilations génitales féminines (MGF). Sans accès à une gamme complète de contraceptifs appropriés et librement choisis, les adolescentes peuvent être confrontées à des grossesses non désirées ou mal planifiées. Les adolescentes à travers le monde sont exposées de manière disproportionnée à des avortements illicites pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité, en raison de l’accès limité ou inexistant aux services et aux informations en matière de santé de la reproduction qui soient de qualité et confidentiels, notamment à la contraception. En outre, les adolescentes courent plus de risques de contamination par le VIH/SIDA et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), en raison de facteurs tels que l’initiation sexuelle précoce, la violence et l’exploitation sexuelles et la difficulté de négocier des rapports sexuels protégés. De surcroît, le manque de maturité physique de nombreuses adolescentes, combiné à leur absence d’accès aux services de soins de santé prénatals et maternels, accroît chez elles le risque de décès à la suite de complications liées à la grossesse. Les adolescentes courent quatre fois plus de risques que les femmes âgées de plus de 20 ans, de mourir de suites de complications liées à la grossesse.
La Convention relative aux droits de l’enfant de 1990 a été la première reconnaissance internationale des droits des adolescents à la santé, notamment à la santé en matière de la reproduction. La Convention oblige les gouvernements à garantir l’accès des adolescentes aux services de santé en matière de la reproduction en reconnaissant explicitement leur droit « de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de traitements médicaux et de rééducation. » Lors de la Conférence internationale sur la population et le développement de 1994 (CIPD), les gouvernements sont convenus de fournir aux adolescents l’information et les services pour les aider à comprendre leur sexualité et à se protéger des grossesses non désirées et des IST.
Cependant, en raison de controverses liées à la sexualité des adolescents et au manque général de connaissance sur les besoins en matière de sexualité et de reproduction de cette population, très peu de pays ont mis sur pied des services de soins de santé adéquats pour les adolescents. Les décideurs, les professionnels de la santé, les parents et les éducateurs devraient œuvrer à aider les adolescents à devenir des adultes en bonne santé en leur fournissant des informations et des conseils adéquats ainsi que des services de santé accessibles et de qualité, pour garantir de façon durable leur santé et leur autonomie en matière de la reproduction.